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Tu ne mentiras point...

Mensonges, imagination, vérité détournée, ou encore enjolivée...

Le « mensonge » est une notion difficile à définir. On aimerait bien y poser une graduation... les petits mensonges, ou encore les grands mensonges, mensonge par omission, par méconnaissance, par oubli. L’enfant ne fait pas forcément la différence, selon son âge et sa perception de la vérité. Car oui, l’enfant peut aussi percevoir une vérité différente de celle d’un adulte.

Ce que je comprends est vérité

L’enfant est une personne en devenir, et en tant que parent, lui transmettre des valeurs morales est essentiel, mais apprendre à dire la vérité est compliqué. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est un passage obligé. Pour mieux comprendre la perception de la vérité, suivons l’histoire d’un petit garçon.

Prenons l’exemple de mon petit bonhomme. Il y a quelques jours, il a piqué une crise, car il ne voulait pas se laver les mains, ni ranger ses affaires, et encore moins répondre à mes questions. Soit ! Mauvaise journée, papa casse-pied, puni à l’école pour une raison inconnue, bref, ce n’était pas simple pour lui ce jour-là.

Toute discussion était littéralement impossible. Il est donc allé dans sa chambre pour se calmer un peu et exprimer ses émotions. Papa, fâché (eh oui, on est loin d’être parfait), l’a aussi puni pour sa crise. En rentrant, je suis allée voir le petit, dans sa chambre pour demander sa version des faits après avoir écouté celle de papa. J’ai eu deux vérités bien différentes. Bien entendu, ces deux vérités pouvaient coexister et semblaient se compléter, mais la vérité du petit se limitait à : « Papa m’a menti ! Il a dit que quand tu rentrerais, je ne serais plus puni. Je me suis excusé pour ma crise parce que j’étais colère de rouge dans mon cœur ».

Colère de rouge dans mon cœur signifie qu’il est très fâché. Nous avons mis en place les couleurs des émotions et quand il en ressent le besoin, il nous dit les couleurs dans son corps pour nous aider à comprendre puisqu’on n’est pas dans son cœur, nous.

En toute logique, je lui ai donc demandé de m’expliquer en quoi papa avait menti. Il me répond qu’il ne devrait plus être puni parce que je suis rentrée. Papa avait dit : « on verra quand maman rentre ». Pour le petit, il s’agissait d’une vérité vraie et immuable. Les adultes ne peuvent pas mentir, eux. Le petit maintenait à grandes larmes que la punition devait disparaître parce que j’étais rentrée parce que c’est ce que papa avait dit.
Nous avons discuté pendant presque 10 minutes et il maintenait fermement que sa vérité était la bonne. Quelqu’un allait devoir céder sinon la situation resterait bloquée encore longtemps. Vivant avec 2 têtus, la tâche allait être compliquée !

Je suis allée voir papa pour lui expliquer le point de vue du petit (resté dans sa chambre, car vexé qu’on lui mente). Nous avons donc convenu d’un recours officiel devant la juge Maman. J’ai entendu les deux parties et j’ai tranché :
– Papa, je vous demande de ne plus utiliser les mots « on verra » et de donner une sortie précise de punition.
– Mathis, je vous demande de mettre du jaune soleil dans votre cœur et d’exprimer votre rouge colère avec des mots plutôt que des cris et des énervements.
– (Papa) oui, je suis d’accord. Je ferais attention.
– (Mathis) d’accord. Pardon papa pour la crise et d’avoir jeté mon sac contre la porte (spontané, celui-là... comment ça, jeter le sac contre la porte ?)
– Je déclare la punition levée en vertu de mon pouvoir de maman ! (après tout, moi aussi je peux comprendre ce que je veux dans « on verra quand maman rentre » !)

Mensonge à hauteur d’enfant

Un mensonge chez l’enfant plus âgé est une façon de se protéger. En tant que parent, on se sent obligé de combattre le mensonge parce qu’on ne peut le cautionner. Normal, me direz-vous. Mais comment faire ?

Limiter les mensonges défensifs

En posant la question Pourquoi tu as fait ça ? , vous obligez l’enfant à choisir entre mentir et dire la vérité. Ils savent parfaitement qu’ils ont menti et il est inutile de le mettre en cause de cette manière. Il est plus intéressant d’être honnête et de dire qu’on a découvert le mensonge.
Vous donnez alors à l’enfant la possibilité d’expliquer la raison de son mensonge (qui peut être parfaitement justifiée) et non de se défendre face à une attaque émotionnelle.

Exemple : un dessin sur le bas du mur avec un crayon et caché derrière un bac à jouets.
Réaction possible des parents : « oh ! je viens de trouver une surprise étonnante derrière le coffre à jouets. Je suppose que c’est ton œuvre... voici une éponge pour nettoyer. »
Pendant qu’il nettoie : « Tu n’avais plus de cahier ou de feuilles à ce moment-là pour que tu aies dessiné sur le mur ? »
Haussement d’épaules : « je me rappelle plus, je sais pas, c’est pas grave... »
Réponse : « la prochaine fois que tu as envie de dessiner, tu peux prendre une feuille dans le bac à dessin que j’ai installé dans le salon. »

Ps de maman : arrêter d’écouter la chanson On écrit sur les murs... ça donne des idées aux drôles !

les adultes ne doivent pas mentir non plus

Cela signifie que si vous faites une promesse, vous devez la tenir, sinon ne promettez rien ! Ne pas tenir une promesse d’adulte est une forme de mensonge !

D’une part, on déçoit l’enfant en revenant sur sa parole, mais on perd également son estime, et surtout sa confiance. Ensuite, c’est lui qui ne vous fera plus confiance et qui refusera votre autorité, car si vous n’êtes pas capable de dire la vérité, quelle est votre légitimité à vouloir transmettre toute vérité ?

ne pas nier les sentiments des enfants

Éluder la question des sentiments des enfants, c’est déjà leur apprendre à mentir. On lui apprend qu’il ressent quelque chose qu’on préfère ignorer (mensonge par omission). Les enfants ont besoin d’apprendre à dompter leurs sentiments pour que ceux-ci les accompagnent tout au long de leur vie et non qu’ils les écrasent ou les cachent.

Accepter un sentiment, c’est accepter une vérité. Il existe et il faut composer avec : colère, joie, tristesse, dégoût... nombreux sont les adultes qui préfèrent les ignorer, mais d’expérience, on sait qu’un sentiment refoulé est un sentiment qui finit par exploser !

Pour conclure sur le mensonge...

Ne vous culpabilisez pas ! Vous n’avez pas des enfants parfaits parce que vous n’êtes pas parfait — et heureusement ! Mais si vous avez envie de vous améliorer, et à fortiori, de vous sentir mieux avec vos enfants, commencez par montrer l’exemple. Exprimez votre vérité, soutenez-la et soyez en harmonie avec vos principes. Vous verrez qu’il sera bien plus facile d’inciter un enfant à ne pas mentir si vous-même respectez ce principe de base.
Les enfants vous copient alors qu’ils copient ce que vous avez de meilleur à leur offrir :)